Bonheur d'occasion

Gabrielle Roy
1945 est une date importante dans l’histoire de la littérature québécoise puisque c’est l’année où paraissait Bonheur d’occasion, le grand roman réaliste de Gabrielle Roy qui obtint le prix Femina. 1945 marque aussi la fin de la Deuxième Guerre mondiale, à laquelle le destin de plusieurs personnages du roman est inextricablement lié. Les éclats de bonheur sont brefs quand on est pauvre et coincé entre le rêve d’une vie meilleure et la dure réalité. Sur fond de guerre, Rose-Anna et Florentine, la mère et la fille, tentent de survivre dans un quartier pauvre de Montréal, Saint-Henri. La première a la tâche ardue de veiller au bien-être de sa famille, tandis que la seconde trime au restaurant du coin “dans l’odeur violente du caramel”. Elles incarnent les deux cotés d’une même destinée féminine. Florentine s’éprendra de Jean Lévesque, un jeune intellectuel qui tente de s’élever au-dessus de sa condition, et cette passion ne la laissera pas indemne. “Il était le vent dur et cinglant, l’hiver profondément ennemi de cette soudaine douceur que l’on éprouve en soi à l’espoir du printemps. Mais le froid, la tempête cesseraient. Il était entré dans sa vie comme un éclat de bourrasque qui saccage, détruit, peut-être afin qu’elle vît bien, le premier tourbillon passé, toute la laideur, toute la misère qui l’entourait.” Gabrielle Roy, l’une des plus grandes écrivaines qu’ait donné le Québec à la littérature, maîtrise l’art de la description et brosse un portrait toujours juste et nuancé de l’intériorité de ses personnages, tout comme des lieux où son regard se pose. On ne compte plus les rééditions de cette fresque sociale traduite en une quinzaine de langues qui a fait entrer Montréal dans la littérature mondiale. --Marie Hélène Poitras

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